Une construction high-tech en acier, verre et béton de fibre

Quand on parle de grandes commandes architecturales, de délires pharaoniques, de projets alliant démesure et éclat, souvent les regards se tournent vers la péninsule arabique. Et une fois de plus, c’est le cas ces jours, avec l’inauguration du Musée national du Qatar, à Doha. Un nouveau méga projet signé Jean Nouvel. Cet écrin posé sur la corniche, remplace l’ancienne institution. Au passage, avec sa surface de 40 000 m²  il devient le plus grand du pays en coiffant au poteau le musée d’art islamique. Les collections déménagées se mêleront à de nouvelles œuvres contemporaines d’artistes locaux et internationaux.

Mais au-delà des chiffres et des records, c’est sur la forme, ou plutôt sur les formes de ce complexe qu’on s’extasie. Jean Nouvel a en effet imaginé une immense rose des sables posée au bord de la mer. Ce délicat assemblage de disques à géométrie variable et aléatoire, réalisés en béton Ductal, n’est pas uniquement posé sur la structure. Ce sont eux qui constituent l’édifice, à l’intérieur comme à l’extérieur. Les espaces d'exposition sont organisés autour d'une cour centrale, le «caravansérail», pour reprendre l'idée de la cour entourée de bâtiments où l'on venait jadis déposer les marchandises venant du désert. Dans sa version contemporaine, elle est utilisée comme un espace de rassemblement pour des événements ou des performances d'art en tous genres.

«Le bâtiment que j'ai dessiné, explique Jean Nouvel, devait faire écho à deux histoires. La première, qui couvre une période assez longue et assez monotone, est l'histoire du désert et de ses habitants. La seconde est l'accélération spectaculaire qui a donné au royaume - en quelques années seulement - la puissance et la prospérité qu'on lui connaît aujourd'hui. Par sa puissance économique, le Qatar est aussi très avancé en matière de recherche. C'est un aspect que j'ai également dû considérer dans mon projet. C'est ainsi que j'ai pensé à la rose des sables, une sorte d'architecture miniature émergeant du sable, constituée de cristaux formés par l'évaporation de l'eau sous l'action du vent, ajoute ce dernier. Prendre la forme de cette roche comme point de départ était une idée très progressiste, pour ne pas dire utopique. Je parle d'utopie parce que pour construire un bâtiment comme celui-ci, avec ses grands disques incurvés, ses intersections, ses éléments en porte-à-faux - tout ce qui fait une rose des sables -, il nous fallait relever énormément de défis techniques». Ce bâtiment est donc à la pointe de la technologie, comme le Qatar. Une telle réalisation aurait été impossible sans ordinateurs et sans ingénieurs.

Comme souvent dans les musées, le parcours s'organise selon une boucle. La visite prend environ deux heures et s'achève par la découverte de l'ancien palais royal, qui a été restauré. Allant de - 700.000 ans à nos jours, les collections incarnent «à la fois la richesse de l'héritage culturel du Qatar, mais également sa vision et ses aspirations pour demain», annonce avec fierté Qatar Museums. Ce nouveau musée dont le projet a été lancé en 2005 est le point d'orgue du galopant développement culturel du pays qui a déjà un Musée d'art islamique (MIA) et un Musée arabe d'art moderne (Mathaf).

La visite se divise en trois principales sections, composées de onze galeries, dont la muséographie a également été́ conçue par Jean Nouvel, comme à Abu Dhabi ou au musée du Quai Branly. Le parcours débute avec les origines, la vie au Qatar et la construction de la nation. Chronologique, il s'étend sur plus de 2,7 kilomètres pour mettre en valeur des œuvres et des objets, de l'ère géologique antérieure, au peuplement de la péninsule jusqu'à nos jours.

  Source : batimag

Teaserbild-Quelle: © Iwan Baan

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